Les droits des homosexuels et le Mexique

Le 5 Mai 2016, le président du Mexique annonce un projet de loi à niveau fédéral : le mariage pour tous. Sans être encore une réalité, cette déclaration suscite une vague de mobilisations au sein de la société mexicaine. Depuis, des prises de positions polarisées, des revendications des minorités et nombreuses manifestations, aussi bien à faveur que contre le projet de loi, constituent les moteurs du débat. Ce débat illustre une situation des droits du collectif LGBT du moins particulière.

 

            Le mariage pour tous n’est pas une question nouvelle au Mexique. Bien au contraire, le sujet se retrouve au centre de plusieurs discours politiques et dix états, dont Ciudad de Mexico, Jalisco et Michoacan, bénéficient déjà de procédures légales permettant le mariage homosexuel. De plus, l’ensemble du Mexique reconnaît, au niveau légal, les mariages ou unions civiles effectués dans d’autres jurisprudences. Ceci suppose que n’importe qui bénéficie de ce statut légal en dehors du Mexique conserve le statut à l’intérieur du pays. Depuis ce point de vue, le Mexique paraît assez ouvert par rapport à d’autres pays du continent latino-américain, dans lesquels l’homosexualité est passible de prison. Il y a donc bien une protection des droits du collectif gay que place le Mexique comme un candidat légal plutôt ouvert envers ce projet de loi.

 

            Pourtant, la réalité pratique se distingue nettement des discours politiques. La discrimination envers les homosexuels reste accablante avec une moyenne de 4 homicides par mois. Ces chiffres paraissent pourtant négligeables comparés aux estimations. La Comission Citoyenne contre les Crimes de Haine par Homophobie estime qu’environ trois crimes sur quatre ne sont pas dénoncés. De plus, le manque d’intérêt de la police et des institutions judiciaires garantit l’impunité dans 98% des cas menés en justice. Encore plus terrifiant, 11% des cas de discrimination constituent de menaces et des extorsions de part de la police et des fonctionnaires publics selon une étude réalisée par l’UAM. Les lois de protection du collectif LGBT paraissent alors être des mots vides, incapables de garantir le respect des droits reconnus au niveau fédéral.

 

            Cette forte discrimination a niveau institutionnel n’est malheureusement qu’un reflet d’une société fermée sur des idéologies traditionnelles. 71% des jeunes mexicains affirment ne pas vouloir des droits égaux entre hétérosexuels et homosexuels. À l’intérieur même des familles, le rejet d’un fils homosexuel atteint des niveaux alarmants avec une non-reconnaissance des cadavres homosexuels supérieure à 40%. Ce rejet est d’ailleurs encouragé par certaines institutions, particulièrement par l’Église catholique. En effet, cinq jours après le tremblement de terre au Chili, en 2010, l’évêque de León, Guanajuato, affirma que les catastrophes naturelles sont causées par la tolérance vis à vis des homosexuels. De propos semblables sont intégrés dans les médias et témoignent d’une réalité sociale extrêmement violente envers les homosexuels.

 

            Considérant ces données, la légalisation du mariage pour tous semble une réponse peu adaptée pour l’amélioration des droits des homosexuels. Certes, les instances légales constituent un pilier indiscutable de la société, mais elles ne sont utiles que si elles peuvent être appliquées. Ceci n’étant pas le cas, il faudrait peut-être s’interroger sur l’efficacité des moyens mis en place. Déjà, de nombreuses campagnes de sensibilisation sont menées à bout aussi bien par les gouvernements que par des organisations privées. La lente évolution de l’opinion publique indique une possible amélioration de la situation. Les sociétés prennent du temps à évoluer, mais les premiers pas ont été faits et les débats plus actuels concernant le mariage pour tous vont peut-être encourager la réflexion et l’action au sein de la société méxicaine.

Mon voyage, leur mutisme

Millions de stupas dorés bouddhistes, Moines extrémistes
130 peuples historiques, Nettoyage ethnique
Sympathie, Islamophobie
Prix Nobel de la paix, Exécutions que l’on tait
Solidarité, Peuple persécuté
52 millions d’habitants, 676 578 km2, le Myanmar, paradis touristique et enfer pour les minorités ethniques est un pays plein de contrastes.
Comment le décrire, après l’avoir visité, autrement que par des adjectifs mélioratifs : accueillant, percutant, épatant, attachant ? Pourtant, dans ce pays aux mille merveilles, se déroule un drame encore méconnu il y a quelques semaines et qui dure pourtant depuis plusieurs années. Les Rohingyas, minorité musulmane du Myanmar, sont victimes depuis des décennies de discriminations de la part de l’armée birmane, qui sont très peu médiatisées en Occident. Ces ségrégations ont ressurgi récemment, à cause d’attaques de postes frontière birmans par des rebelles de l’Armée du salut des Rohingyas d’Arakan, voulant dénoncer leurs droits bafoués par la junte militaire. Aujourd’hui plus de 410 000 membres de cette communauté musulmane ont été forcés à l’exil.
Le Myanmar, nom officiel donné par le pouvoir dictatorial en place en 1989 à celle que l’on appelait Birmanie, est devenu indépendant du Royaume-Uni en 1948. Il est aujourd’hui dirigé par un gouvernement transitoire civil dirigé par Htin Kyaw, compagnon de dissidence d’Aung San Suu Kyi, mais l’armée, institution toute-puissante conserve la direction des ministères-clés et dispose d’un quota automatique de 25 % de sièges réservés au Parlement. Le Myanmar regroupe plus de 130 ethnies différentes possédant chacune une langue et une culture propre. 90 % de la population est de confession bouddhiste, tandis que respectivement 6 et 4% de la population sont de confession chrétienne et musulmane.
Cette richesse culturelle se traduit pour un touriste étranger par de magnifiques monuments à contempler, des dizaines de plats délicieux à déguster, une multitude de vêtements traditionnaux hétéroclites à photographier et des milliers de regards à croiser, de sourires à partager.
Mais pour les Rohingyas leur richesse culturelle est la raison pour laquelle il leur est interdit de voyager sans autorisation, de travailler en dehors de leurs villages, de fréquenter les mêmes écoles que les autres enfants, de se marier sans l’autorisation de la junte militaire, d’avoir plus de deux enfants mais aussi par la négation de leur citoyenneté birmane et leur marginalisation politique.
L’omniprésence de la religion au Myanmar se traduit pour un touriste étranger par des millions de pagodes à admirer, de multiples prières dans différentes langues à écouter et une ferveur religieuse surréaliste à observer.
Mais pour les Rohingyas ne pas croire en la même chose que la majorité des birmans se traduit par la destruction de leurs mosquées, la peur que suscite leur religion, leur privation de nourriture et de soins, leurs persécutions quotidiennes, par le viol de leurs femmes, le meurtre de leurs parents, l’exode de leurs familles, leur vie, parqués dans des camps de misère au Bangladesh.
Mon voyage au Myanmar, riche en rencontres, en sourires, en accueils chaleureux, mais pauvre en discussions politiques avec les locaux, ayant peur de la répression, ne m’a pas donné l’occasion d’apercevoir des indices sur le sort des milliers de Rohingyas vivants, ou plutôt survivants, terrés dans des camps à la frontière du Bangladesh.
J’ai aperçu dans toutes les maisons où je suis entrée des photos de Aung San Suu Kyi côtoyant celles de la junte militaire ; alors que cette dernière est responsable de ce nettoyage ethnique et que Aung San Suu Kyi, lauréate du Prix Nobel de la Paix et dont le parti est actuellement au pouvoir, ne peut politiquement pas s’opposer à l’armée avec qui elle partage le pouvoir.
Découverte, Invisibilité
Idéalisation, Processus d’épuration
Rencontres et amitiés, Assassinés et rejetés
Paradis touristique, Enfer des minorités ethniques

-Maëlys Renoux

Irma : Après l’ouragan, une tempête politique ?

Semant panique et destruction sur son passage, l’ouragan Irma, dont la puissance n’a
jamais été égalé dans cette région de l’Atlantique, cristallise l’attention des médias depuis plus
d’une semaine, alors qu’un deuxième ouragan s’apprête à déferler avec des vents tout aussi
puissants sur des terres déjà désolées. La fréquence et la violence soudaine de ces
catastrophes naturelles vient logiquement réanimer le débat et la lutte menée par certains,
évitée par d’autres, sur le réchauffement climatique et suscite de nombreuses réactions de la
communauté internationale réunie à l’ONU depuis le 19 septembre quant aux mesures à
prendre pour la protection de la planète et, par extension- comme en témoigne les dégâts de
cette semaine – des Hommes. Après l’ouragan, une tempête politique ?

D’une façon générale, c’est seulement par l’accident que l’homme prend pleinement
conscience du danger. C’est ainsi qu’il a fallu attendre Tchernobyl et Fukushima pour poser les
fondements d’une réflexion sur le progressif remplacement du nucléaire dans notre
consommation d’énergie. Bien sur, certains pays avaient envisagé sérieusement le risque par
avance et, de même que pour la question de l’environnement, s’étaient armés de mesures
préventives. Sur ce principe, espérons au moins que les souffles des récents ouragans aient pu
atteindre les consciences des dirigeants les plus bornés à la question environnementale.
Certes, la relation entre entre tempêtes tropicales de plus en plus violentes et fréquentes et
réchauffement climatique ne sont pas encore très claires contrairement à ce qu’a affirmé
Emmanuel Macron lors de son premier discours à la tribune de l’ONU, mais l’éventualité d’un
lien causal n’est pas exclu ! Ainsi, Fabrice Chauvin, chercheur au centre de recherches
météorologiques de Météo France explique la difficulté à trouver une relation entre ces deux
éléments : « Nous n’avons pas de bases de données observées suffisamment longues et
homogènes ». Mais pour de nombreux météorologues, la puissance des ouragans est bien
amplifiée – et pourrait l’être d’avantage – par le processus de réchauffement climatique. Cette
absence d’explication scientifique nous laisse le bénéfice du doute ; à nous de prendre les
responsabilités qui nous incombent.

L’ouragan a donc soulevé et déposé sur la côte étasunienne le débat sur le
réchauffement climatique dont NewYork se fait aujourd’hui le théâtre. Et c’est comme un signe
du destin que cette catastrophe naturelle a réuni dans son drame, deux pays que tout semble
opposer en diplomatie environnementale. En effet, Irma, en commençant son parcours par les
îles de St-Martin et St-Barthélémy et en le terminant par la Floride, a fait de la France sa
première victime et des Etats Unis, sa dernière. L’un est l’initiateur du fameux accord de Paris,
l’autre en est le mauvais élève. Macron fait du réchauffement climatique sa principale
préoccupation du moment, Trump l’enterre sous son climato-scepticisme revendiqué.

Les deux dirigeants, que le 14 juillet à Paris semble avoir scellé d’une amitié toute
récente, se sont d’ailleurs entretenus en amont du sommet international sans pour autant
parvenir à établir une ligne politique commune. Leurs discours en tant que nouveaux membres
de l’Assemblée étaient très attendus car fondateur de leur politique internationale, Macron et
Trump incarnant deux styles fondamentalement opposés. Sur la question du climat , c’est le
silence de Trump, dont les préoccupations se sont centrées autour de « Rocket Man » (tel fut le
surnom qu’il donna au dictateur nord coréen) et du dossier Iranien, qui inquiète l’Assemblée de
l’ONU. Quant à Emmanuel Macron, il tenta de convaincre estimant que « les plus fragiles sont
les premières victimes, mais nous sommes tous frappés par l’emballement du climat », et
soulignant que « détricoter l’accord serait détruire un pacte entre les Etats et les générations ».
Donald Trump affirme vouloir quitter l’accord de Paris d’ici 2020 (l’article 28 du traité
établissant un délai de 3 ans pour la sortie d’un pays signataire), sauf si celui-ci cessait d’être
une contrainte économique pour son pays. Une condition ajoutée depuis peu qui vient tempérer
son refus catégorique de ratifier cet accord et qui, on l’espère, aboutira à un dialogue.

Un Nouvel État en Europe ?

La Catalogne ! Quelle belle région du territoire espagnol où il fait bon vivre. Entre richesses multiples, tourisme, patrimoine historique et culturel, rien ne manque. Ou peut-être si ! L’indépendance.

Cette Communauté Autonome si paisible du Nord-Est de l’Espagne se bat depuis des années pour enfin pouvoir suivre sa propre voie, indépendamment de Madrid et de ses ordres. Un référendum est prévu le 1er Octobre. Enfin, plus illégal que permis puisque Mariano Rajoy, président du Gouvernement, use de ses forces dans le but de décrédibiliser cette consultation qui donne le choix au peuple et non aux hommes politiques qui dirigent le pays. N’est-ce pas le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ?

Comment ? Un référendum interdit ? La Constitution Espagnole s’attache à l’Unité Nationale et à un État indivisible, qui prévoit toutefois l’autonomie des Communautés Autonomes afin de leur accorder quelques libertés. Une consultation sur l’indépendance d’une région correspond donc à une division de l’Espagne. On en conclue rapidement que le référendum du 1-O est anticonstitutionnel. D’ailleurs, si la logique nous permet de le comprendre, le Tribunal Constitutionnel, que Mariano Rajoy a interpelé, l’affirme également en condamnant le référendum. La fureur règne à Barcelone !

Une telle condamnation n’est pas attendue d’un pays Européen, Contemporain au XXIème siècle, et encore moins d’un État qui se dit démocratique. Le référendum fait vivre le peuple, lui permet de participer au pouvoir, que s’accaparent certains.

Évidemment, rejeter un référendum c’est rejeter l’opinion d’un peuple, sa culture, son essence et sa nécessité d’être lui-même et non pas soumis à un pouvoir qui ne l’écoute pas et qui nie ses décisions. D’autant plus que la légitimité de cette consultation peut être affirmée. Artur Mas, ancien président de la Generalitat, avait lui aussi organisé en 2014 une consultation également coupable devant la Constitution, arme ultime qu’utilise le Gouvernement quand les actions de la Catalogne lui déplaisent. Ce scrutin a bel et bien soutenu que la majorité des catalans souhaitaient se détacher de l’Espagne et devenir un État propre. Les catalans sont prêts à vivre par eux-mêmes. Ces atouts sont nombreux pour permettre à la Catalogne d’être appelé « Nation ». Sa géographie stratégique, son attractivité naturelle permettrait à celle-ci de valoriser davantage son rayonnement à l’échelle internationale.

Encore, quoi de plus dégradant pour le Gouvernement Rajoy que de faire intervenir la Guardia Civil. Depuis quelques semaines, tout ce qui se rapporte au 1er Octobre est interdit. Où est la liberté de chacun, la liberté d’opinion et d’expression que l’on soutenait depuis la transition démocratique ? Mariano Rajoy empire son image chaque fois un peu plus avec des mesures fortement contestées. Il ne fait qu’entraîner une forte animosité au sein du peuple catalan depuis son premier mandat en 2011. La Guardia Civil ne fait qu’allumer un feu qui ne s’éteindra pas.

Pensez-vous que la Catalogne arrêtera de se battre ? Loin de là ! On nous apprend à vivre pour nos convictions, à toujours lutter pour les idéaux que nous défendons. Cela vaut également pour un peuple, une « nation » étouffée par l’« État ». Mais si la Catalogne n’obtient pas son indépendance aujourd’hui, il ne faut pas oublier qu’il existe un « demain ». Quoi qu’il arrive la Catalogne défendra jusqu’au bout son indépendance. L’Algérie est aujourd’hui indépendante, de nombreux territoires et anciennes colonies le sont aussi. Pourquoi pas la Catalogne ! Pourquoi pas donner l’opportunité à la Communauté catalane de respirer ! Si le référendum n’est pas considéré comme concret, si le vote ne sera pas pris en compte et n’aboutira à rien le 1er Octobre, la Catalogne aura perdu peut-être une bataille, mais pas la guerre. La preuve est là. Qu’importe l’avis de Madrid, les mairies ouvriront des bureaux de votes et les catalans ne seront en aucun cas réduits au silence.

 

Objectivity

According to Kelsen, any proper study has to follow a perfectly strict and precise objectivity. The neutral position adopted by the scientists allows them to be rigorous, as well as to find real answers without being driven by the heart’s desires nor the personal biases. It gives science a sort of status, of legitimacy not found in other domains such as literature or philosophy. In fact, Kelsen is not the only one to praise objectivity.
On the other hand there’s subjectivity, the demon that blurs reality and fools people. The same subjectivity that justifies fear and violence, love and revenge, as an always-changing danger, an unstable realm. Incertitude and chaos, subjectivity’s hearth.
The scientific method builds its pride in the apparent neutral analyze of facts. Facts, taken as they are, without any subjectivity in them, are seen as indisputable. There’s no danger, only stability once we drain all subjectivity.
However, this ideal is just absent from physical and social reality. Facts cannot be detached from the one sorting them, selecting them, observing them. Facts by themselves don’t have any meaning, just like a wave has no sound until someone hears it. And yet, we seem to forget our intrinsic participation in the construction of reality, while we delight ourselves in the most fictional of objectivities. We pretend not to have any biases while enhancing them by our negligence.
Objectivity is a fiction. A useful fiction.
We can follow the rules, accept the method and pretend it’s enough to transform fiction into reality. We can fool ourselves into thinking that our analysis is just and fair. But lies can only be effective for so long, and sooner or later someone will see the biases of our work. Our dear objectivity will crumble into pieces and our real subjectivity will shine through the same words we so carefully choose to hide it.
We can also acknowledge our own limits, our biases and limitations. We can tear apart our own work in order to understand it better. We can choose to be honest, to say clear and loud: here are our limits, beware while reading. This statement cannot undo our mistakes, but it can introduce a shadow of doubt, just a small amount of awareness useful to the truth. From then, we can only hope that the reader is critical enough to introduce a real dialectic into our biased monologue.
Yet, there’s a third path often neglected. While we try over and over to minimize subjectivity, we forget just how useful it can be. Subjectivity allows us to find patterns into the chaos, to create order from confusion and give meaning to our lives. Why do we try so hard to silence it? Why do we destroy our more useful tool? In other words, subjectivity allows us to go beyond reality’s frontiers. Planes, penicillin and steam machines, all useful inventions unthinkable without imagination. Law, society and politics, all collective mental creations. Our mind can see itself, and thus recreate the world.
Denying that profound part is not that different from reducing ourselves to automats. We already have machines to collect raw data. We have thermometers to tell us the temperature and pedometers to count our steps. But it’s our mind that decides whether it’s cold or hot, whether it’s enough exercise or not. In science there’s no conclusion without analysis, no experiment without observer and no answers without choices.
So maybe we should learn to embrace our minds, to acknowledge how subjectivity is essential to our lives.
Objectivity is a useful tool, and subjectivity too.
We don’t have to choose one or another. We can live with both.

Vincent Hulin : “La course de ma vie”

À l’époque antique, Vincent Hulin aurait été un hémérodrome, ce messager infatigable qui, tel Philippides, annonça la victoire grecque de Marathon après avoir exhalé dans son dernier souffle : “nous avons vaincu”. Aujourd’hui, le rédacteur en chef adjoint de France Bleu Poitou est devenu, comme son glorieux aïeul, un sportif hors du commun. D’octobre 2012 à septembre 2014, il enchaîne avec succès les quatre monuments de l’ultra-trail. En juin 2016, il décide de surpasser les bornes humaines du possible en achevant la Transpyrenea, une odyssée intense de 866 km s’étalant sur quinze jours, son dernier exploit en date. Et, au vu de ses aventures de plus en plus démentes, il ne serait point surprenant d’entendre parler élogieusement de ce poitevin extra-ordinaire dans les prochaines années. Retour express sur la carrière phénoménale de Vincent Hulin, “coureur du dimanche qui court tous les jours”.

Un véritable “coureur de l’extrême” : l’accomplissement du Grand Chelem de l’ultra-trail

Alors que le judo est son premier amour de jeunesse, il commence à arpenter les rues bitumées de sa ville provinciale en courant à 30 ans. Il boucle ainsi le marathon de Paris avec un temps honorable en 3 heures 43 minutes. Puis, un an plus tard, il s’essaye aux 100 kilomètres de Millau, et en sort totalement éreinté. Enfin, il pousse ses limites physiques dans ses retranchements en tentant le 24 heures de Saint-Maixent, qu’il achève avec 133 kilomètres à son compteur. Devenu addict à la course à pied dès ses premières foulées, son palmarès d’alors n’est qu’une fine mise en bouche de ses futurs succès flamboyants. En rejoignant un club sportif avec sa bande d’amis, l’idée de réaliser le carré d’as des courses de fond germe progressivement en lui. Il se constitue alors un menu de choix composé de l’ultra-trail du Mont Blanc (168 kilomètres), de la Diagonale des Fous (170 kilomètres), du marathon des Sables (250 kilomètres), et du Tor des Géants (330 kilomètres), dont il raconte les invraisemblables péripéties dans son premier ouvrage intitulé Coureur de l’extrême publié en 2014. Ce Grand Chelem monstrueux à peine achevé, Vincent Hulin se fixe déjà un défi d’une autre envergure. Le plus majestueux de tous..

La Transpyrenea : la consécration majuscule d’une carrière démesurée

866 kilomètres. 15 jours, 5 heures et 39 minutes. 46ème sur la ligne d’arrivée. Tels sont les chiffres ahurissants qui illustre la portée de l’exploit incommensurable accompli par Vincent Hulin pendant l’été 2016. Authentique joyau d’une carrière sportive, son odyssée herculéenne fait l’objet d’un documentaire dénommé La course de ma vie (2016). En dépit d’une préparation physique irréprochable, conjuguant méticuleusement entraînements intensifs, alimentation micronutritive, sommeils réparateurs et soins kinéthérapeutiques, les premiers jours de la course tournèrent au cauchemar. C’est donc à cet instant crucial que se creuse, béante, l’abysse qui engloutit les rêve dorés de celles et ceux dont l’exigence de la fierté failli devant les intenables souffrances de leur enveloppe charnelle. À la sortie de ces limbes terrestres, Vincent Hulin est un homme métamorphosé. Avalant les trop nombreux kilomètres qui le sépare triomphalement de l’apothéose. il vagabonde dès lors à ciel ouvert par monts et par vaux comme dans un songe féérique. Franchissant enfin la ligne d’arrivée, il retrouve avec joie le regard affectueux de ceux qui l’ont fait tenir jusqu’au bout dans sa folle entreprise. Consommé par la fatigue, Vincent Hulin tombe à genoux pour, dans un dernier effort, glisser lentement sur l’annulaire de sa femme l’anneau scellant leur union sentimentale. De loin, sa plus grande victoire.

 

Mission égalité 

Mardi 10 octobre, une réunion à propos de la mission égalité et de la mission cellule de SciencesPo s’est entretenue sur le créneau de midi pour l’ensemble des 2A. Le thème principal de cette séance, l’harcèlement et les dispositifs institutionnels d’aide, éveillent en effet des fortes réactions dans le campus. Dès l’année dernière, plusieurs élèves ont exprimé leurs inquiétudes face à l’absence d’information à ces sujets, tout en critiquant l’administration par l’absence d’action face aux problèmes rencontrés. Régine Serra, Référente Egalité Femmes-Hommes de Sciences Po et responsable de la cellule de veille contre le harcèlement sexuel, s’est donc déplacée afin de présenter le programme et répondre aux questions des étudiants.

Présentation du programme

Mme Serra a soulevé deux dispositifs du programme : la mission égalité femme-homme et la cellule de veille contre le harcèlement sexuel.
La première mission se centre dans des actions multiniveau contre le sexisme. Ainsi, on peut soulever les actions de dénonce du sexisme ordinaire, une lettre ouverte sur l’égalité des genres et des rencontres aussi bien avec les étudiants comme avec le personnel administratif et les enseignants. Ces actions ont pour objet de promouvoir l’égalité dans l’ensemble de l’institution.
La deuxième mission a pour objet le harcèlement sexuel plus spécifiquement, incluant les discriminations subies par la communauté LGBT. Cette cellule reste indépendante de l’administration et gère la violence depuis le sexisme ordinaire, jusqu’à les délits de harcèlement et les crimes de viol. La cellule est composée de 8 spécialistes, dont des praticiens (psychologues et psychiatres) et du personnel administratif. Plus spécifiquement, elle gère les dossiers des procédures disciplinaires internes, mais aussi des procédures externes devant la loi si la victime le souhaite et le dossier porte suffisamment d’évidence. À niveau disciplinaire, seul le directeur Frédéric Mion peut entreprendre des sanctions vis-à-vis des élèves. D’autres instances se spécialisent dans les sanctions vis-à-vis des enseignants et du personnel administratif. En matière pénale, la cellule peut constituer un appui et de l’accompagnement mais ne peut pas déposer plainte : cette responsabilité revient à la victime sauf cas exceptionnel qui nuise profondément l’institution ou son image.

Séance de questions

Question: En cas d’une situation en dehors du campus, qu’elles procédures suivre ?
Réponse : La cellule accompagne toutes les victimes, que les faits se passent à l’intérieur ou à l’extérieur du campus. Selon la nature des faits, plusieurs démarches hors-SciencesPo peuvent être envisagées
Viol : il est recommandé de se diriger directement au commissariat pour poser plainte et poursuivre les examens medico-légaux. Ces examens ne sont juridiquement valides que si demandés par le commissariat et faits dans les 72h suivant les faits. Il ne faut donc pas aller à l’hôpital ni attendre pour porter plainte. Il est aussi recommandé d’y aller avec une personne de confiance.
Délit : les délais ne sont pas aussi urgents. Il est possible de porter plainte à tout moment et des examens communs des médecins traitants constituent une preuve suffisante.
Il faut savoir qu’il y à toujours un expert sur les violences sexuelles dans les commissariats à Poitiers ainsi que un service d’interprétation pour les ressortissants étrangers. Porter plainte est important : statistiquement les plaintes déposées ne forment qu’une fraction des cas et cela a un effet négatif sur le combat contre les violences sexuelles.

Question : Il n’y a pas du personnel formé à Poitiers, la seule option de soutient se retrouve-t-elle à Paris ?
Réponse : À niveau du campus, des partenariats avec la CHU et l’inclusion d’un pôle santé dans les nouvelles installations vise à offrir un soutient psychologique continu. Les membres de la cellule peuvent se déplacer si besoin, ou encore, déplacer l’élève à Paris si souhaité. Dans le cas des stages et des 3A, il y a aussi l’option des entrevues Skype. Dans tous les cas, le soutient juridique, psychologique et psychiatrique est donné périodiquement : chaque deux jours ou chaque deux semaines selon le diagnostic et la volonté de la victime.

 

Question : Qui juge du besoin ou non des mesures disciplinaires ?
Réponse : Si le témoignage d’un délit a suffisamment d’éléments pour le considérer grave, la cellule à obligation d’informer le directeur. Il n’y a pourtant aucune mesure concrète sans le consentement de la victime. Si le directeur juge que les éléments du dossier sont suffisamment importants, alors il peut demander une enquête et déterminer les mesures disciplinaires à prendre. L’ensemble de cette procédure part toutefois du principe d’innocence afin d’éviter n’importe qu’elle fausse accusation.