Le réveil

Tu le connais, ce sentiment.
Tu la vis quotidiennement, cette frustration.
Tous les matins, tous les maudits matins, ce même mouvement agaçant. Insupportable. Intolérable. Inévitable. Ce stupide réflexe primaire. Et si? … Oui pourquoi pas… Et si on se mettait tous d’accord et on faisait comme si rien ne s’était passé? On l’ignore et c’est tout! Enfin, faudrait d’abord mettre tout le monde d’accord et trouver un moyen, mais bon, soyons fous… oui! Laissez-moi imaginer qu’un matin on n’ouvre plus les yeux. Ce mouvement vers le haut des paupières qui, à chaque fois, fait voler en mille éclats les illusions bercées par la nuit.

Ah si seulement !

Ma douce nuit, ne laisse pas poindre le soleil. Reste, juste un moment de plus, une minute. Accorde-moi une autre éternité avec toi. Ma lune, ne me quitte pas. Pas tout de suite, pas maintenant, pas encore.

Osez dire que jamais vous n’avez, en voyant luire l’aurore à travers vos persiennes, récité des vers à votre oreiller, comme si vous et lui ne formiez plus qu’un, comme deux amants qui se cachent sous le voile de la nuit et qui, en sentant les premiers rayons de soleil, se sentent déchirés et se convainquent réciproquement que non, ce n’est pas le soleil! Non, ce n’est pas l’aube, c’est leur amour qui brille dans la tendre nuit et les inonde de lumière.

Qu’est-ce qui est venu d’abord, la nuit ou le jour ? Non, ce n’est pas la même histoire que la poule et l’œuf. C’est beaucoup plus important. L’humanité toute entière était-elle complètement plongée dans la beauté des rêves que berce la nuit pour se voir cruellement réveillée par le sommeil, par quelque divinité jalouse de leur bonheur ? Ou, au contraire, c’est un dieu bienfaisant qui, voyant la souffrance des ses enfants, a décidé de leur accorder le repos de la nuit ?
Sans aucun doute ni l’un ni l’autre. La vérité n’est pas ici. Elle ne m’intéresse pas plus que l’illumination, la « ding an sich » ou la vertu. Non, il s’agit ici de quelque chose de plus important. Pourquoi dois-je me réveiller tous les matins d’un rêve ou d’un cauchemar ? Qui m’oblige à sortir de moi pour regarder en face le monde ? Si ce n’est pas le comble du mauvais goût !

Jamais les sensations ne sont plus vraies que pendant le sommeil. Ces étreintes, ces cris de rage, cette peur, ce bruit de pas, ce pas de deux, n’ont jamais été aussi réels, intenses que dans vos rêves. Et quand vous vous réveillez le matin et que vous prenez dans vos bras votre compagnon, votre mère, votre voisin, votre peluche, vous connaissez cette déception de ne pas retrouver cette chaleur, ce plaisir d’être près de quelqu’un et entourée par cette personne.

Citoyens du monde, un conseil. Rendormez-vous.

Anonyme

 

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