Le plan quadriennal, Sciences Po et l’égalité des chances

Par Aurore Le Gouëz

 

Ce mardi 10 novembre, Sciences Po a signé un contrat quadriennal avec le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Cet accord signé par Richard Descoings et Valérie Pécresse vise à faire passer le nombre d’élèves boursier de 21% actuellement à 30% d’ici à 2012. Sciences Po connait déjà la procédure spécifique de la Convention d’éducation prioritaire (CEP)  que notre projet promeut en aidant des lycéens de Châtellerault à entrer à Sciences Po. Valérie Pécresse veut généraliser ce type d’accords avec les autres grandes écoles.

Selon Richard Descoings, il s’agit de renouveler l’engagement de Sciences Po dans la promotion de l’égalité des chances et de la mixité sociale. Ce plan s’est traduit par un accroissement de l’engagement financier de l’Etat, ce dont s’est réjoui M Descoings. Celui-ci permet de sécuriser les fonds publics de Sciences Po lui apportant ainsi plus sérénité.  Cette sérénité est nécessaire à Sciences Po pour continuer à développer son projet dont la promotion de l’égalité des chances fait partie ! Certaines mauvaises langues diront que cet accord avait un but beaucoup plus économique qu’il ne résultait d’une réelle  volonté de promouvoir l’égalité des chances. Ne soyons pas naïfs mais n’oublions pas non plus que Sciences Po est pionnière dans le domaine de l’égalité des chances parmi les Grandes Ecoles de sciences humaines et sociales (les Grandes Ecoles dites scientifiques ont un taux d’élèves boursiers supérieurs à celui de Sciences Po). Sciences Po est même citée comme pionnière par la Ministre elle-même « En m’appuyant sur vous et sur cette décision qui fait à nouveau de Sciences Po une pionnière en matière d’égalité des chances, je souhaite que nous puissions porter à 30 % le nombre de boursiers dans l’ensemble de nos grandes écoles ». Cette phrase est à l’image de ce que dégage Sciences Po, une volonté, des objectifs et la réussite. Car oui, les élèves rentrés par la procédure CEP ont fait taire les critiques sur la procédure, elle aussi pionnière. Sciences Po n’a eu de cesse d’augmenter ses effectifs boursiers 6% en 2001, 12% en 2004, 21% en 2009, alors pourquoi pas 30% en 2012 ?

Les détracteurs de ces résultats seront toujours au rendez vous avec l’argument suivant. Le gouvernement a revu les critères d’éligibilité des bourses sur critères sociaux. Les étudiants dont le revenu de la famille est inférieur à 32 440 euros par an sont désormais  éligibles alors qu’en 2007 le revenu était limité  à 27 000 euros. Cette différence fait dire que ce mécanisme entraine forcement une augmentation des élèves boursiers. La question n’est pas seulement de savoir s’il y aura 30% d’élèves boursiers à la suite de ce plan quadriennal, mais plutôt de savoir s’il y aura une véritable diversité sociale au sein de Sciences Po car comme l’a dit la sociologue Agnès Van Zanten : «  Le critère des bourses ne signifie pas automatiquement qu’il y a une vraie diversité ».

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