Le National Socialist Movement, ce groupuscule néonazi qui terrorise l’Amérique

Article écrit par Maurice Neyra.

À l’heure où le Ku Klux Klan n’est plus que l’ombre de lui même, les États Unis doivent pourtant faire face à l’émergence d’un groupuscule d’extrême droite particulièrement dangereux, le National Socialist Movement. Les membres du NSM se sont récemment faits remarqués lors d’une manifestation contre l’immigration illégale à Los Angeles. Arborant fièrement le svastika et brandissant des drapeaux néonazis, leur frénésie de violence ne fût alors freinée que par l’intervention des forces de l’ordre. Incitant à une haine raciale apparemment sans limites, les vingt-cinq points du NSM sont devenus le cauchemar de toute une nation.

Fondé en 1974 par Robert Brannen, ancien fidèle d’un Parti Nazi Américain (PNA) tombé en désuétude, le NSM se targue d’être désormais le mouvement néonazi le plus puissant outre-Atlantique réunissant environ six mille adeptes. Il est actuellement sous la coupe de Jeff Schoep. Nostalgiques du troisième Reich, ses membres idolâtrent par ailleurs Timothy Mc Veigh, l’auteur du fameux attentat d’Oklahoma City.. Le 19 avril 1995, cet acte terroriste perpétré par un jeune nationaliste convaincu avait couté la vie à cent soixante huit innocents et fait plus de six cent quatre vingt blessés. Schoep n’hésite pas une seule seconde au moment de comparer Mc Veigh à un héros national, mystifiant ses agissements de manière éloquente. Comment  alors le leader du NSM peut-il impunément faire l’apologie d’un être à la fois dément, raciste et assassin ? Difficile d’apporter des éléments de réponse précis à cette bien sombre interrogation. Car actuellement, seul le laxisme du droit américain semble être en mesure de justifier pareil imprudence.

Peu adeptes des mobilisations collectives massives, les membres du NSM préfèrent la discrétion afin de préparer leur révolution raciale à l’abri des regards. Les rares occasions où ils se sont aventurés à déverser tout un flot de paroles haineuses dans les rues américaines, la situation a dégénéré. En attestent les émeutes provoquées par leur manifestation du 15 octobre 2005, à Toledo dans l’état de l’Ohio. Ce jour là, les néonazis intentionnent de dénoncer le florissement des gangs Afro-Américains semant la panique dans certaines villes de l’Amérique profonde. Les faibles effectifs policiers mobilisés afin de surveiller le cortège ne se doutent pas que les anarchistes rodent. Rapidement, des débordements éclatent. La police, prise de cours, voit les partisans de la race blanche acculés contre les maisons d’un quartier résidentiel. Roués de coups, ces derniers continuent tant bien que mal à proférer des propos insultants à l’encontre des anarchistes. Au vu des évènements, l’intervention de la police anti émeute se révèle inévitable. Les contre-manifestants, difficilement maitrisés, se dispersent pour tenter de revenir à la charge, sans succès. Finalement, la centaine de membres du NSM quitte la ville sous bonne escorte.

Depuis ce flagrant échec, les néonazis s’étaient contentés de publier des vidéos sur la toile via leur site internethttp://www.nsm88.org/ . Cette phase d’attentisme a pris fin en avril 2010 à Los Angeles Lors d’un défilé calqué sur les parades militaires nazies du temps d’Hitler, ils s’en sont pris ouvertement à l’immigration illégale et menacé de raccompagner les « envahisseurs » à la frontière. La police a dû intervenir pour éviter que des heurts éclatent entre les manifestants et des militants d’extrême gauche foncièrement révoltés.

Conscient de son impopularité, le groupuscule néonazi manigance la future guerre en interne et s’attèle à recruter des jeunes en mal de sensations fortes. Pour les convaincre, une unique théorie composée de vingt-cinq points qui mettent quasiment tous en avant la primauté de la race blanche. Le premier point donne le ton : « Nous voulons l’union de tous les Blancs à l’intérieur d’une grande Amérique ». S’ensuit un florilège de points les uns plus violents que les autres. À l’instar du quatrième point « Seulement ceux de sang Blanc, quelque soit leur croyance, peuvent êtres membres de la nation » ou du point sept « Nous voulons que tous les non Blancs résidant en Amérique soient dans l’obligation de quitter la nation et retourner sur leurs terres d’origine : par la paix ou par la force ».

Le paroxysme de la violence est atteint au dix-septième point « Nous voulons que ceux ayant des activités à l’encontre des intérêts communs soit sévèrement poursuivis et punis.  Meurtriers, violeurs, pédophiles, criminels de droit commun, vendeurs de drogue, usuriers, profiteurs, traitres à la Race, etc. doivent être punis par la mort, quelque soit leur rang ou leur race ». En outre, les membres du NSM estiment que si l’autorité policière ne remplit pas correctement son devoir, ils se verront dans l’obligation de rendre eux même la justice. De fait, ils demandent que « tous les citoyens aient le droit de porter des armes ». Les néonazis désirent aussi l’application d’une sévère censure : « la publication d’articles allant à l’encontre de la nation doit être interdite et réprimée ».

Seul motif de satisfaction  pour les pacifistes, le vingt-deuxième point : « Nous voulons l’abolition de l’armée de mercenaires et la fin de l’utilisation de notre armée sur d’autres terres où il n’y a pas d’intérêts pour notre nation ».

Pas sûr que cela suffise à engendrer des louanges envers ce groupuscule désireux d’en finir avec « tout ce qui n’est pas blanc, à l’exception des homosexuels et transsexuels qui eux aussi doivent être éliminés ».

Non, il ne s’agit pas du script d’un film d’horreur au scénario hitchcockien, mais bien de la réalité d’une société américaine qui va de mal en pis. Le spectre de l’extrême droite n’a pas fini de hanter une population étasunienne décontenancée. Certains voyaient en Barack Obama un sauveur, d’autres, heureusement moins nombreux, un « nègre usurpateur ».

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