L’exploit renversant de Goias, finaliste surprise de la Copa Sudamericana

Article écrit par Maurice Neyra

Un club brésilien en finale de la Copa Sudamericana, rien de plus normal à première vue. Seulement voilà, Goias n’est pas une équipe comme les autres. Depuis dimanche et une piteuse déroute à domicile contre Santos, les joueurs savent qu’ils se morfondront l’an prochain en deuxième division brésilienne. Avant-dernier du classement, Goias n’est plus en mesure d’éviter la relégation. Mais aussi incroyable que cela puisse paraître, la demi-finale retour contre Palmeiras fut le match de la rédemption.

Une première période cauchemardesque

Battu à domicile 0-1 lors du match aller, Goias n’avait plus le choix. Il devait s’imposer sur le terrain de l’équipe coachée par le maître tacticien Luiz Felipe Scolari. La magie de la coupe a de nouveau fait son effet. Dominés outrageusement en première période, les verts et blancs ont su se ressaisir afin de l’emporter deux buts à un. Ce grâce à des coups de tête providentiels de Carlos Alberto puis d’Hernando. Préférant jouer le contre et laisser à leur hôte le soin de monopoliser le ballon, les hommes d’Artur Neto ont puisé au fond d’eux même pour profiter efficacement des contre-attaques. Car les attaquants n’ont pas eu une pléthore d’occasion à se mettre sous la dent. Le mérite leur revient d’être resté lucide durant une première mi-temps où ils virent plus le ballon leur filer sous le nez que dans leurs pieds.

Les stratèges de Palmeiras, Marcos Assunção et Alexandre, en profitèrent quant à eux pour faire l’étalage de tout leur talent. Alternant gestes techniques de grande classe, transmissions de balle fluides et frappes surpuissantes, ils mirent au supplice une défense de Goias qui résistât comme elle pût.  Les défenseurs des futurs pensionnaires de D2 doivent surtout une fière chandelle au gardien Harlei, auteur de trois parades phénoménales. Il dût pourtant s’incliner sur une énième frappe de Luan qui se fit un plaisir d’ouvrir le score. Conformément à leurs attentes, les joueurs de Palmeiras n’avaient pas devant eux une équipe unie, hargneuse mais bien des individualités en proie au doute. Jusqu’au temps additionnel et cette quarante-sixième minute qui fit à la fois chavirer le banc de Goias et plonger le stade Pacaembú dans un profond silence. Un partout, score de parité à l’heure de rejoindre les vestiaires.

Un exploit retentissant

Carlos Alberto d’une tête surpuissante avait remis les pendules à l’heure. Personne ne s’en doutait, mais Goais était en marche vers l’exploit. L’espoir renaissait et Artur Neto invita ses joueurs à jouer de manière plus structurée lors de la « mi-temps la plus importante de l’histoire du club ». Requinqués par le discours de l’entraineur, les joueurs entamèrent la seconde période pied au plancher. Toutefois, les milieux de Palmeiras reprirent rapidement les commandes de l’entrejeu. Le match devint décousu et une succession rocambolesque de contre-attaques donna un ton dramatique à cette demi-finale cent pour cent brésilienne. De nouveau retranchés dans leur derniers mètres, les « Verdão”, surnom des joueurs de Goias, durent recourir aux fautes pour ne pas exploser. Les occasions se multiplièrent et les minutes, s’égrainant, faisaient le jeu de Palmeiras , qualifié avec ce nul à domicile. C’était sans compter sur Hernando, guerrier de la première heure. À la 82 ème minute  il plaça un coup de tête rageur et imparable crucifiant de la sorte le portier remplaçant de Palmeiras, Deola. Tout d’un coup, le visage naguère heureux des 20 000 aficionados du Pacaembú se crispa. La nervosité atteint son paroxysme dans les ultimes secondes lorsque Luan buta une nouvelle foi sur l’excellent Harlei. Celui-ci éteignait ainsi les chants des supporters de Palmeiras et enivrait les dizaines d’ultras de Goais ayant fait le déplacement. « Homériques, héroïques, venus d’ailleurs », la presse brésilienne était en manque d’adjectifs qualificatifs hier matin pour désigner les derniers représentants brésilien dans la compétition.

Goais récrit l’histoire

Le prochain adversaire de Goais, l’Independiente d’Avellaneda, les « Diables rouges argentins » sont eux venus à bout des équatoriens de la Liga de Quito -les tenants du titre-,2 buts à 1. Si Goais parvient à conquérir le Saint Graal, il s’agirait de la première équipe de seconde division à remporter un trophée continental en Amérique du Sud. Au milieu des mastodontes continentaux comme Boca Juniors, São Paulo, Grêmio ou Nacional, Goais a réussi à se faire une place au soleil. Surtout, les joueurs ont écrit une des plus belles pages de l’histoire du football. À un Harlei submergé par l’émotion de conclure, “c’est la preuve que Dieu n’abandonne jamais celui qui travaille, croit en lui et fait preuve d’abnégation ».

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