Le 25 novembre ou l’envol du papillon

Depuis décembre 1999, suite à une décision des Nations-Unies, le 25 novembre est désormais célébré comme le Jour International contre la Violence envers les Femmes. Cet événement, qui peut paraître quelque peu théorique dans un monde où 70 % des femmes déclarent avoir déjà été victimes de violence physique, possède de profondes racines historiques. Appuyons sur le bouton « review » et orientons notre regard vers le passé.

Le 25 novembre 1960, en République Dominicaine, les corps des trois sœurs Mirabal sont retrouvés au bord d’une falaise de la côte. Sauvagement assassinées, Patria, Minerva y María Teresa incarnent la figure d’héroïnes nationales dévouées à la défense d’une cause juste et libre. En 1959, en réaction au retour du dictateur sanguinaire Trujillo, Minerva et son mari, Manolo Tavares Justo, créent « Agrupación Política 14 de Junio », dont le nom de code est « mariposas » (papillons). Arrêtées, torturées et emprisonnées, elles affirment avec véhémence leur opposition à l’oppression et poursuivent avec ardeur leur activité dissidente. Face à cette pugnacité, Trujillo commandite un triple assassinat : alors que Maria, Minerva et Maria Teresa viennent de quitter la prison, cinq membres du Servicio de Inteligencia Militar arrêtent leur jeep, les séparent et les frappent jusqu’à la mort. Bien que vendu à la presse comme un « accident », cet événement produit l’effet d’un électron-choc pour la population ; six mois plus tard, el « Chivo » est tué par des militaires lors d’une embuscade.

Rendant hommage aux trois « papillons », le 25 novembre participe à la diffusion des notions de respect, de droits individuels et de dignité inhérentes à tout être humain. La Campagne du Secrétaire Général UNETE a ainsi proclamé un « Jour Orange » : le 25 de chaque mois, chacun est invité à se vêtir d’un vêtement ou accessoire de ladite couleur, afin d’affirmer son engagement dans la lutte contre la violence faite aux femmes. A l’image du surnom des sœurs Mirabal, profitons de ces initiatives pour permettre aux idées d’éclore, de muer, puis, de s’envoler.

Article écrit par Marie Gentric.

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