Souvenir éphèmere ?

Et voilà le son des trompettes, mélancolique en cette journée dédiée à la mémoire. Cela fait maintenant 96 ans qu’un chapitre de l’Histoire, dont l’horreur est restée gravée dans notre mémoire à jamais. Et c’est bien de cette mémoire qu’il est question dans cet article. La mémoire qui fait débat entre Historiens et Politiques. Pourquoi est-il si important de commémorer ? On nous dira que c’est pour se rappeler ou pour maintenir le souvenir. Un devoir de mémoire en quelque sorte. Oui souvenez-vous, nous avions “gagné” la guerre ce 11 novembre 1918, ainsi que ce 8 mai 1945, alors commémorons nos morts à ces dates-là. Le geste est en effet très important certes. Mais n’est-ce pas un peu contradictoire avec la période de paix et d’amitié entre les peuples que l’on veut instaurer en Europe? Lorsqu’au lendemain de la guerre, tout à été fait pour assurer l’amitié Franco-allemande, la France pouvait se vanter de cet aboutissement. Mais le simple fait de commémorer la victoire française en redevient une limite. Alors, on démentira cela en avançant que ce n’est pas la victoire française que l’on célèbre mais la fin des guerres. Oui, voila ce qu’on peut lire sur l’article 1 de la loi n°2012-273: “Le 11 novembre, jour anniversaire de l’armistice de 1918 et de commémoration annuelle de la victoire et de la Paix, il est rendu hommage à tous les morts pour la France”. Il est important de célébrer nos morts, mais surtout de se rappeler de nos erreurs. Là une autre question peut se poser, pourquoi parlons-nous seulement des conflits contre l’Allemagne ? Parce que ce sont les seuls ou nous n’avons rien (ou presque) à nous reprocher peut-être, contrairement au conflit contre nos anciennes colonies.

En soi la proposition de Valérie Giscard d’Estaing de rassembler toutes ces commémorations en UN jour de mémoire, s’inspirant des Américains et leur “memorial day”, qui aurait pu être le 8 mai, était-elle si bête ? En fait elles sont très différentes. Il est vrai que d’une part il y a le 11 novembre, le patriotisme, et de l’autre, le 8 mai, victoire sur le nazisme, la lutte contre le Mal politique. En France nous ne sommes pas prêts à renoncer à ces symboles : noms de rue, de lycée, de lieux publics dédiés et commémorations. Je pose maintenant la question d’en faire un jour férié. “Pour les anciens combattants, le 11 Novembre, ce n’est pas de la gloriole, de la réjouissance, du militarisme, c’est un jour de recueillement. Donc, ça veut dire qu’il faut s’arrêter de travailler pendant une journée pour songer à ceux qui sont morts pour la patrie” déclare un historien, Rémi Dalisson. Mais j’aimerais citer quelqu’un d’autre, un jeune, qui n’est pas spécialiste ni médiatisé : “moi le 11 Novembre ça me permet de faire la fête la veille et c’est tout”. Certes cela est réducteur sur la façon de penser des jeunes, mais n’y a t-il pas une pointe de vérité ? En effet les commémorations ne semblent plus avoir d’impact sur la jeunesse, voire sur la génération de nos parents, qui de toute évidence s’intéressent à des problèmes plus actuels. Que symbolisent au final les commémorations : une victoire ou plutôt un avenir aujourd’hui (notamment pour l’Europe) ? Une question à laquelle tentent de répondre les politiques. Mais quand il n’y a personne au rendez-vous, ou qu’un Président se fait siffler en plein défilé, alors il n’y a plus de symbolique.

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