Bienvenue chez les syndicats !

Interview par Romane Pluchet et Pablo Cussac.

Mercredi 19 novembre, un mercredi quelconque à l’hôtel Chaboureau, grises mines à la sortie des cours de langue, des masses de travail à faire, l’on compte les heures pour que le week-end arrive, jusqu’ici, un jour normal. Cependant, c’est un jour spécial ! Les élèves dépendants du CROUS de Paris, dont ceux de notre campus sont convoqués aux élections qui choisiront les représentants des étudiants à cette institution pour les deux prochaines années. Au patio, sa discute vraiment pas au tour de ça… Malgré cela, le CROUS se charge des logements et des restaurants universitaires, ainsi que des bourses, mais pas que ça ! Comme nous le rappelle la représentante UNEF, il prend en charge aussi le financement de nombreuses activités culturelles et artistiques, telle le festival LesTudiantes. C’est donc un jour important pour les étudiants, où ils doivent décider. Pour éclairer ces élections qui semblent obscures aux élèves, on rencontre les deux syndicats présents au campus et concurrents aux élections.

manif

Des similitudes ?

Tous les deux se revendiquent « apolitiques » et Solidaires étudiant-e-s le répète sans cesse, parfois presque comme une justification de ne savoir répondre à nos questions, « Monsieur Tilman nous a interdit de parler de la politique nationale et nous devons nous concentrer sur les problèmes de notre campus ». Cela étant, à entendre les arguments des deux syndicats, s’il y a bien quelque chose qui les unisse, ce sont leurs opinions politiques de gauche. Il est impossible de douter que leurs idéaux sont majoritairement portés par des partis de gauche, plus ou moins radicaux. Leurs idéaux sont parfois les mêmes : quel membre de l’UNEF oserait dire qu’il n’ait « antiraciste, antisexiste et antifasciste » comme se proclame être Solidaire étudiant-e-s ? Autre terrain d’entente : la privatisation des universités françaises. En effet, si jamais cela était proposé, les deux syndicats poitevins seraient tous deux d’accords pour manifester leurs mécontentements. Quant aux élections du CROUS, une fois de plus, la permanence d’un CROUS 100% public est une évidence pour l’UNEF et pour Solidaires étudiant-e-s. Les deux syndicats ne sont donc pas si éloignés l’un de l’autre et le principal fossé entre les deux syndicats serait, comme nous l’affirme Léa, « la gestion de ces derniers ».

« Monsieur Tilman nous a interdit de parler de la politique nationale et nous devons nous concentre sur les problèmes de notre campus. » Déclarent les représentants de Solidaires étudiant-e-s.

cropped-1457552_583318901721786_502546557_n10

La polémique : la forme sur le fond

Lorsqu’on parle avec les deux syndicats sur leur différences et particularités, on sent que les tensions sont assez palpables. La section de Solidair-e-s regrette la centralisation de l’UNEF et revendiquent leur structure fédérale qu’il leur permet de s’adapter aux circonstances particlaires poitevines tout en suivant une certaine ligne idéologique : l’autonomie est mise en avant. Sans vouloir enfoncer le doigt sur la polémique, ils soulèvent aussi les risuqes de la bureaucratie unefienne, trop en lien avec certains organes de gestion publique comme le prédécéseur de la LMDE, lequel ils auraient fait chuter. De leur côté UNEF contre-attaque en mettant en avant leur pragmatisme, face à l’idéalisme de Solidair-e-s. « Nous on lutte pour des avancées progressives, eux ils n’attendent que le gros changement radical », si Léa nous affirme qu’idéologiquement et même dans les objectifs ils peuvent avoir des points en commun, leur stratégie diffère. Reste aussi à souligner ce qui souligne la représentante de l’UNEF, « au niveau national ils défendent la montée en puissance du FN… Nous on trouve que ça c’est de l’incohérence idéologique ». Manu (Solidair-e-s) justifie : « on est pas au courrant de cette information, mais celui qui a dit ça suivait probablement la théorie de l’action, réaction et révolution » et déclare que sur le campus il ne traitent pas des sujets nationaux tout en soulignant que quand même Jean-Marie Le Pen était militant UNEF.

« Nous on lutte pour des avancées progressives, eux ils n’attendent que le gros changement radical » (UNEF)

Leur principale différence aujourd’hui serait probablement dans la structure, si UNEF est un syndicat établi depuis des années au campus, Solidair-e-s encore est en construction, Santi un de ses membres nous rappelle qu’un réunion informative aura lieu mercredi midi « question de nous présenter, informer les gens sur nos idées et nous déstigmatiser ».

De la pluralité pour de la pluralité ?

Quand l’on demande à Solidaire étudiant-e-s pourquoi ils ont créé une antenne à Poitiers, ils affirment d’abord que « plus que tout, nous voulions le faire pour qu’il y ait une pluralité syndicale parce que sincèrement, il ne nous semble pas bien qu’il y ait qu’un seul syndicat devant l’administration ». Personne ne peut nier cet argument. Tous les sciencespistes aiment la pluralité (s’ils arrivent à s’y habituer et à l’accepter est une autre question…). Elle est synonyme de démocratie et de liberté d’expression. Ici, elle nous permet de voter en connaissance de cause, d’avoir un peu plus de choix puisque désormais nous ne pouvons nous faire « endoctriner » que par un seul syndicat. Mais encore faut-il qu’il y ait de véritables arguments et un vrai débat où l’on comprenne réellement ce que chaque syndicat propose. A quoi sert la pluralité s’il n’y a aucun véritable argument derrière ? Solidaire étudiant-e-s vient de se créer et n’a sûrement pas encore réfléchi à ses arguments et propositions. Les responsables de l’antenne à Poitiers ne connaissent même pas le projet-phare de l’UNEF d’«allocation d’autonomie ». Ils ne sont pas renseignés pas sur ce que proposait l’UNEF et c’est là leur principale faille. Ils rétorquent qu’ils ne veulent pas « détruire l’UNEF », qu’ « ils ne sont pas là pour la critiquer ». Pourtant, il est indéniable que chaque syndicat se construit par opposition à l’autre car autrement, à quoi cela servirait-il ? Comment comptent-ils concurrencer l’UNEF s’ils ne savent pas expliquer la valeur ajoutée que présente leur syndicat pour les étudiants ? Quant à l’UNEF, elle n’a peut-être pas encore expliqué à tous ce que signifiait son projet de long terme d’ « allocation d’autonomie ». Ne serait-il pas temps de lancer un véritable débat ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s