4. Eux

De tout ce qui aurait pu lui arriver à cet instant précis, cette rencontre était la dernière chose qu’il pouvait espérer. Les jeux de lumière dans la pièce ne lui permettaient pas de diviser le visage de l’homme et il avait déjà attendu bien trop longtemps pour rester là à attendre de voir ce qu’il allait être de son sort. Il lui restait donc deux solutions: soit il obéissait à ces inconnus en prenant place dans la pièce et qui sait, ils l’aideraient peut-être même dans sa quête, soit il les ignorait et continuait à chercher ce pour quoi il était venu en premier lieu.

Mais d’ailleurs, où était passé l’homme qui lui avait ouvert la porte ? Ses yeux bleus limpides le hantaient encore. Quelques minutes avant il était encore derrière lui mais maintenant, plus personne… Personne si ce n’est ces trois hommes menaçants de l’autre côté la pièce. Plus il tentait de réfléchir et d’organiser ses pensées plus il s’y noyait. Mais que lui était-il arrivé ? Que faisait-il là, au numéro 53 ? Et pourquoi faisait-il aussi chaud et aussi sombre dans cette maudite maison ? Alors qu’il tentait de se rappeler le pourquoi du comment il s’était retrouvé à cet endroit la voix rauque de l’homme au pistolet le sortit finalement de ses pensées.

– Je crois bien t’avoir demandé de t’asseoir, petit, dit-il en rapprochant sa main de son arme, si je le répète encore une fois ce seront les derniers mots que tu entendras.

Alors, sans aller plus loin dans sa réflexion et surtout par instinct de survie, il s’assit. Il se rappela alors petit à petit ce qui l’avait mené là, le fait de s’asseoir lui apporta un semblant de stabilité suffisant à lui remettre les idées en place. Il se rappela de cette soirée d’été, dans le parc qui était juste à côté. Il se rappela de ces instants qui paraissent si lointains mais qui ne sont en réalité que de jeunes souvenirs. Il se rappela des odeurs, des sons, des couleurs, mais plus que tout et par dessus tout, il se rappela d’eux. Il voyait encore, parmi ses vagues souvenirs, leurs sourires édentés, leur genoux écorchés et leurs cheveux sales.

Ce n’était pas les plus beaux, les plus agiles, ni les plus intelligents d’ailleurs. En fait, ils n’avaient absolument rien pour eux. Mais à ses yeux ils étaient uniques, merveilleux, exceptionnels… Il savait maintenant pourquoi il était là, il savait pourquoi il avait fait tout ce chemin et supporté toute cette tension. Il ne lui restait plus qu’à agir. Il avait attendu ce moment depuis si longtemps, ce n’était pas ce petit imprévu qui allait l’empêcher d’arriver à ses fin. Rattrapé par la confiance et par le courage, mais surtout par le souvenir qu’il gardait d’eux, il souffla un coup, et regarda l’homme droit dans les yeux, prêt à le défier.  Mais avant que tout cela n’arrive il remarqua , maintenant qu’il était plus près et la lumière plus amène, le tatouage que son agresseur arborait au coin de l’oeil. C’est exactement le signe qu’il attendait. Il savait dès lors exactement ce qu’il lui restait à faire.

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