Sciences Po – Boulot – (Dodo)

Tout s’enchaîne et tout défile dans les rues pictaviennes, connues et reconnues, comme les images hachurées d’un film muet, dés que l’on se met à penser à ce qui nous a marqué et surtout à ce qui nous en reste. Pourtant, nous courons toujours après le temps, pour remplir dans toutes leurs mensurations possibles nos journées découpées par des couturières grossières, qui laissent déborder des bouts de tissus dans les nuits et nous piquent le dos quelques fois, pour rester attentifs.

« Deux ans à Poitiers ? Mais tu ne t’ennuies pas ? Il n’y a que des vieux là-bas, non ? » ; Le quotidien dans l’Hôtel Chaboureau demeure un mystère pour qui ne prennent pas part à cette illusion permanente qui nous fait souvent perdre du recul et nous laisse dans notre confort douillé. Ce confort douillé où l’on sociologise tout, où tout nous révolte et où les polémiques se disputent sans cesse la première place. Nos vies sont bouclées, rythmées, taillées dans des activités qui finiraient presque par nous donner des nausées. Des nausées d’angoisse et d’impatience face à ce temps qui coule et que tout précipite vers l’imminence d’un départ qui nous allèche depuis des mois, mais qui nous donne des frissons dès lors que les projections s’instaurent dans notre imagination. Les sentiments s’entremêlent à ne plus pouvoir se défaire.

Le réveil sonne. Tic Tac. Les cours. Tic Tac. Le même sandwich. Tic Tac. La fin des cours. Tic Tac. Les réunions. Tic Tac. Les courses. Tic Tac. La vaisselle. Tic Tac. Non, en fait pas de vaisselle. Tic Tac. Le projet co. Tic Tac. La fin de l’exposé bâclé. Tic Tac. La nuit de 5h. Le réveil. Tic Tac. Le rendu de l’exposé. Tic Tac. Est-ce que je me souviendrais de mon exposé dans deux mois ? Tic Tac. Tant pis, de toutes façons il y a une soirée !

Le temps pour la pensée a disparu, l’omniprésence de l’organisation s’épanouit : tout n’est que notes, post-it, tableaux qui circulent dans les esprits, pour rentabiliser au maximum nos actions du jour suivant. Les « J-… » hantent nos nuits. Les infos ne nous secouent presque plus, tant que cela ne touche pas notre univers clos et agréable, tant que cela ne perturbe pas les frêles heures de notre sommeil.

Que ferons-nous quand le Tic Tac s ‘évanouira ?

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