Pourquoi imposer la Lolita là où il n’y en a pas : ou en quoi La vie d’actrice reste merdique.

Le cinéma, lui aussi, est un domaine d’homme : fait par les hommes et pour les hommes.

      En posant cette généralité digne d’une féminazie, je pose parallèlement ma frustration quant à la place des femmes dans le cinéma. On le savait, les femmes aux cinéma souffrent encore de l’inégalité homme-femme, comme l’avait souligné le test de Bechdel sur lequel je ne souhaite pas m’attarder : Ce dont j’aimerais parler c’est l’accent mis sur l’apparence et le potentiel de sexytude dont elles disposent, souvent associé à l’âge. Bien sûr le cinéma n’est pas le seul mauvais élève, mais il est est coupable, du fantasme surexploité de la “Lolita”.

En sortant de la séance de L’homme irrationnel, le nouveau film plat, bâclé et faussement philosophique de Woody Allen, je n’ai pu m’empêcher de me dire : « Woody, tu as un problème avec les femmes ! ». Explication.

Emma Stone est belle, intéressante, rigolote et joue (parfois – pas vraiment dans ce dernier cas) bien. Dans ce dernier film, Emma Stone joue Jill, une étudiante attirée par son professeur de philosophie, Abe, tellement intéressant, mais auto-destructeur (merci le cliché). Son partenaire à l’écran est Joaquin Phoenix, 40 ans. Vous l’aurez deviné, ils auront une relation intime.

L’amour n’a pas d’âge, du moment qu’il s’agit d’une relation consentante. Une étudiante, peut bien évidemment être obsédée voire tomber amoureuse de son professeur, ou d’un homme plus âgé. Mais ce film ne fait qu’illustrer le problème qui se pose à Hollywood sur la surexploitation d’actrices jeunes dans les relations cinématographiques, à cause d’un machisme inconscient des réalisateurs ayant acquis une notoriété importante et retransmettant leur angoisse dans leur film (Woody, tu as peur de la vieillesse et je te comprend).

Si la relation consommée entre Jill et Abe, n’apporte, selon moi, rien au film (Elle peut être obsédée par lui, sans pour autant que Abe succombe à la tentation – Ce qui était le cas au début du film. Leur amitié particulière aurait pu suffire à la trame du film), Ce que je dénonce est encore plus flagrant dans un autre film de Woody Allen (décidément), Magic in the moonlight, un autre film dans lequel Emma Stone joue une mentaliste (25 ans) aux côtés de Collin Firth (53 ans) un magicien.

3 exemples ressortent souvent ; ceux de Scarlett Johansson, qui dès 16 ans à une relation avec un homme de 46 dans The Barber, des frères Cohen ; et connaît 13 amants cinématographiques beaucoup plus âgés ; et l’exemple de Jennifer Lawrence qui dans ses 4 derniers films “non-adolescents” (c’est à dire pas Hunger Game, ni X-men) est accompagnée d’hommes de 25 ans de plus qu’elle – le dernier en date est le film Joy, où elle incarne Joy Mangano, censée avoir 34 ans – Mais quel est l’intérêt d’une relation entre femme jeune et un homme plus âgé dans la plupart de ces films ? Aucun.

On pourrait lire les chartes à l’envers. L’homme mûr au bord de la crise de la Quarentaine-cinquentaine est un personnage emblématique du cinéma – car les réalisateurs s’inspirent de leurs propres ressentiments – mais l’homme mûr n’aime – t-il qu’un seul type de femme : la jeune, pleine d’énergie qui sourit à la vie (youpi). Georges Clooney, Denzel Washington, Johnny Depp, Harrison Ford … des grands noms du cinéma qui n’ont pratiquement eu que des partenaires beaucoup plus jeunes à l’écran, était-ce vraiment nécessaire ?

En 2011, Emma Stone a eu une année cinématographique merveilleuse pour sa carrière. C’est cette année aussi que Jim Carrey, 49 ans à l’époque, avait posté une vidéo sur youtube lui déclarant sa flamme et indiquant qu’il rêvait d’une aventure sexuelle avec elle. Si cette vidéo avait choqué l’opinion publique, elle n’est finalement pas si étonnante. Alors qu’il y a quelque mois, Maggie Gyllenhaal, 37 ans s’était vu dire qu’elle était trop vieille pour jouer l’amante d’un homme de 55 ans, on peut comprendre qu’Hollywood – mais dans le cinéma en général – participe encore et de manière forte à l’élaboration des normes de beauté et donc à la discrimination des actrices. Les icônes sont alors jeunes, ne dépassent pas la trentaine (ou ne doivent pas le paraître).

Scarlett Johansson, qui a maintenant 30 ans, (et n’est d’ailleurs plus l’égérie de Allen), Emma Stone et Jennifer Lawrence sont les parfaits exemple de ce phénomène, souvent anticipé par Internet. Après Emma Watson, qui entre en jeu, c’est bientôt au tour de Chloé Moretz, Jeune actrice en herbe, gagnant de plus en plus de notoriété, et qui déjà depuis 3 ans est la cible des fantasmes et des obsessions, parfois malsaines, sur internet, qui vient à peine de fêter ses 18 ans.

Entre misogynie ordinaire, paternalisme coutumier et clichés sexistes  : Actrices, vous devez ne paraître ni gamines, ni ridées pour pouvoir jouer un rôle dépendant de près ou de loin d’une relation avec un homme, bref vous devez avoir une vie bien merdique .

 

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