Elections Équateur 2017

À trois mois des élections présidentielles en Équateur, les premières candidatures commencent à avoir lieu. Néanmoins, Rafael Correa, le président de la république pendant la dernière décennie, n’est pas entre les candidats. En effet, malgré avoir gagné les trois dernières élections présidentielles, Correa quittera son poste en faveur d’un des autres candidats. Un changement de président, et donc de politiques internes et externes, est inévitable. Ce fait soulève de nombreux débats, aussi bien de la part des partisans du président comme de la part de ses opposants.

À première vue, un changement si certain constitue un moteur central dans le dynamisme démocratique équatorien. En effet, après une période de dix ans sous le même gouvernement, les équatoriens seront contraints à repenser la configuration du pays et leur avenir, dans un contexte économique et social nouveau. Nombreux partis profitent de cette occasion pour faire valoir et promouvoir leurs idéaux.

Alianza Pays, le mouvement fondé par Correa et actuellement au pouvoir, présente un binôme composé par Lenin Moreno comme candidat présidentiel et Jorge Glas comme vice-président. Tous les deux furent des membres importants au sein du gouvernement et indiquent qu’ils désirent continuer sur une vision progressiste et sociale.

Pourtant, c’est Guillermo Lasso, un banquier et entrepreneur de Guayaquil, que reçoit la majorité des intentions de vote avec un 32,6% selon un sondage du journal « El Comercio ». Sa popularité est surprenante, considérant notamment qu’il se positionne comme libéral, à faveur de limiter l’action de l’État, soit des valeurs contraires à celles de Correa.

Ces deux positionnements si divergents s’expliquent par une polarisation de plus en plus importante de la société équatorienne au cours des dernières années. Le mécontentement croissant envers le monopole du parti Alianza Pays s’exprime par un refus de ses idéologies et de ses représentants dans plusieurs villes importantes, comme Quito ou Guayaquil. En réponse, les partisans du gouvernement adoptent des attitudes de plus en plus controversées, dont des manifestations subventionnées.

Face à ce dualisme si fort, d’autres partis se promotionnent come des alternatives possibles. De là surgissent des multiples candidatures, comme celle de Cynthia Viteri pour le Parti Social Chrétien ou Paul Olsen pour le parti Centre Démocratique. En tout, sept personnes se présentent comme présidentiables, dont seulement une a déjà annoncé son candidat à la vice-présidence.

Malgré le progrès considérable du processus électoral de 2017, nombreux expriment une volonté de maintenir Correa au pouvoir. La peur de retomber dans une instabilité politique ou de perdre l’ensemble des progrès sociaux faits pendant son gouvernement motive les partisans de cette option. Quand la Court Constitutionnelle a approuvé le projet d’amendement en faveur de la réélection indéfinie, beaucoup pensèrent que Correa planifiait se perpétuer au pouvoir.

L’annonce de la candidature de Lenin Moreno démentit cette conception, mais ne répond pas les multitudes d’autres questions soulevées par ces élections. Va l’Équateur continuer a confier en Alianza Pays? Le prochain président sera-t-il capable de gérer l’héritage de Correa? Actuellement, il est impossible de prévoir le déroulement exact du procès électoral. Toutefois, c’est indéniable que 2017 constituera un point tournant dans la politique du pays.

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