Elitisme, quand tu nous tiens !

Cette belle surprise revient plusieurs fois par an nous rafraichir la mémoire lorsque nous flânons sur internet : nous faisons machinalement défiler notre fil d’actualité Facebook quand soudain, un titre d’article éveille notre attention : « Sciences Po, ENA : ces fabriques d’élites déconnectées ». Ces articles de Sciences Po bashing, bien que souvent caricaturaux ou peu approfondis, se basent tout de même sur une vérité plus ou moins assumée. Car ils soulèvent un problème auquel nous deuxièmes années, sommes régulièrement confrontés, et vous premières années, aurez la joie de découvrir : la déconnexion entre les « élites » et le reste de la population française. La faute ne revient pas plus à un camp qu’à un autre. D’un côté, nous, élèves de grandes écoles, sommes très fermés sur nous-mêmes, moi le premier. Peu nombreux sont les vaillants sciences-pistes qui osent s’aventurer dans les terres inconnues du SUAPS, terrifiant acronyme désignant les activités sportives proposées par l’université de Poitiers. Plus courageux encore sont ceux qui vont s’engouffrer dans les méandres des soirées de la fac. Mais attention ! Ne nous attribuons pas l’entière responsabilité de ce fardeau, laissons-en un peu aux autres. Tout d’abord, penchons-nous sur les services qui nous sont proposés à Sciences Po : de nombreux sports, arts, associations et des dizaines de projets collectifs de tous genres. Pourquoi lorgner sur l’assiette du voisin quand la vôtre est déjà bien remplie ? Nous avons une grande chance d’avoir toutes ces activités à portée de main, alors profitons-en ! Il est donc tout à fait normal que nous nous inscrivions dans les activités proposées par Sciences Po. De plus cette variété d’activités est ce qui fait la richesse et la beauté de notre campus, il est donc naturel que nous souhaitions l’entretenir. Je ne vous demande pas dans cet article d’attendre avidement tous les soirs la sortie des étudiants de la fac de droit pour les forcer à discuter avec vous, mais simplement d’éveiller votre curiosité afin de profiter pleinement de vos années universitaires.
S’ouvrir au-delà des hauts murs de notre bel hôtel Chaboureau ne permet pas qu’un enrichissement personnel, mais s’accompagne aussi et surtout d’une responsabilité. Il y a toujours eu une distance, voire un clivage entre les élites et le reste de la population française, mais dans le délicat contexte actuel, il est plus que jamais important de renouer ce lien fragilisé. Les élites ont rarement été aussi impopulaires dans notre pays, et les extrêmes, rarement aussi populaires. Nous avons connu aux dernières élections présidentielles le taux de participation le plus faible de l’histoire de la Vème République. Le comportement de certains représentants de la nation est souvent loin de l’exemplarité et la relation de confiance entre électeurs et politiciens est aujourd’hui bien fragile. Au-delà de la sphère politique, les patrons de nos grandes entreprises se voient verser en un mois le même salaire que leurs employés percevraient en plusieurs dizaines d’années de travail, sans compter les bonus. A cela il faut ajouter les scandales de corruption et d’évasion fiscale qui remontent régulièrement à la surface. Nous pouvons donc aisément comprendre que ce joli tableau de nos élites ne fasse pas l’unanimité. Ce clivage se ressent aussi à notre échelle. Premières années, vous l’apprendrez à vos dépends, Sciences Po a mauvaise réputation auprès des habitants de Poitiers. Cette mauvaise réputation se base beaucoup plus sur un manque d’interactions entre élèves de Sciences Po et habitants de la ville que sur des réalités de notre école et ses élèves. Bien qu’il existe et existera toujours le cliché du sciences-piste arrogant, méprisant et venant en cours en costume, celui-ci représente une infime minorité des centaines d’étudiants que nous sommes. Nous avons le devoir, chers amis, de prouver que notre école ne se réduit pas à ces carricatures, mais au contraire, grouille d’une impressionnante diversité.
Pour ce faire, nous pouvons nous perdre dans d’interminables débats théoriques, ou bien agir concrètement à notre échelle. Pour ma part, j’ai choisi la seconde option. Jusqu’à assez récemment, lorsqu’on me questionnait sur mes études, je répondais vaguement où je contournais la question. Je réagissais de telle sorte car je savais pertinemment, par expérience, que mon interlocuteur changerait soudainement de comportement, passant de la curiosité et l’amabilité à la méfiance et la critique, ou à une admiration et une considération exagérée. Cependant, au bout d’un certain temps, je me suis fatigué de ce petit jeu et j’ai décidé d’arrêter de contourner les questions. Depuis lors, mes discussions sont bien plus enrichissantes car lorsqu’on m’interroge sur mes études, je réponds sincèrement, j’écoute les critiques, j’essaye de comprendre, puis je réponds et j’explique ma vision des choses. Au fil de la discussion, après avoir dépassé les stéréotypes respectifs, nous finissons par tomber d’accord. J’aime à penser que si chacun de nous fais cet effort de discuter et convaincre, nous pourrions améliorer, ne serait-ce qu’un peu, l’image de notre campus. Si vous n’êtes pas un amoureux des débats, de nombreuses autres activités sont à votre portée pour vous ouvrir à la vie étudiante poitevine. Engagez-vous dans des associations, des ONG, des partis politiques, des équipes sportives. La liste est trop longue pour vous l’écrire dans un seul article, mais je vais vous laisser le soin de la découvrir par vous-même.

-Théophile Delcros

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