Irma : Après l’ouragan, une tempête politique ?

Semant panique et destruction sur son passage, l’ouragan Irma, dont la puissance n’a
jamais été égalé dans cette région de l’Atlantique, cristallise l’attention des médias depuis plus
d’une semaine, alors qu’un deuxième ouragan s’apprête à déferler avec des vents tout aussi
puissants sur des terres déjà désolées. La fréquence et la violence soudaine de ces
catastrophes naturelles vient logiquement réanimer le débat et la lutte menée par certains,
évitée par d’autres, sur le réchauffement climatique et suscite de nombreuses réactions de la
communauté internationale réunie à l’ONU depuis le 19 septembre quant aux mesures à
prendre pour la protection de la planète et, par extension- comme en témoigne les dégâts de
cette semaine – des Hommes. Après l’ouragan, une tempête politique ?

D’une façon générale, c’est seulement par l’accident que l’homme prend pleinement
conscience du danger. C’est ainsi qu’il a fallu attendre Tchernobyl et Fukushima pour poser les
fondements d’une réflexion sur le progressif remplacement du nucléaire dans notre
consommation d’énergie. Bien sur, certains pays avaient envisagé sérieusement le risque par
avance et, de même que pour la question de l’environnement, s’étaient armés de mesures
préventives. Sur ce principe, espérons au moins que les souffles des récents ouragans aient pu
atteindre les consciences des dirigeants les plus bornés à la question environnementale.
Certes, la relation entre entre tempêtes tropicales de plus en plus violentes et fréquentes et
réchauffement climatique ne sont pas encore très claires contrairement à ce qu’a affirmé
Emmanuel Macron lors de son premier discours à la tribune de l’ONU, mais l’éventualité d’un
lien causal n’est pas exclu ! Ainsi, Fabrice Chauvin, chercheur au centre de recherches
météorologiques de Météo France explique la difficulté à trouver une relation entre ces deux
éléments : « Nous n’avons pas de bases de données observées suffisamment longues et
homogènes ». Mais pour de nombreux météorologues, la puissance des ouragans est bien
amplifiée – et pourrait l’être d’avantage – par le processus de réchauffement climatique. Cette
absence d’explication scientifique nous laisse le bénéfice du doute ; à nous de prendre les
responsabilités qui nous incombent.

L’ouragan a donc soulevé et déposé sur la côte étasunienne le débat sur le
réchauffement climatique dont NewYork se fait aujourd’hui le théâtre. Et c’est comme un signe
du destin que cette catastrophe naturelle a réuni dans son drame, deux pays que tout semble
opposer en diplomatie environnementale. En effet, Irma, en commençant son parcours par les
îles de St-Martin et St-Barthélémy et en le terminant par la Floride, a fait de la France sa
première victime et des Etats Unis, sa dernière. L’un est l’initiateur du fameux accord de Paris,
l’autre en est le mauvais élève. Macron fait du réchauffement climatique sa principale
préoccupation du moment, Trump l’enterre sous son climato-scepticisme revendiqué.

Les deux dirigeants, que le 14 juillet à Paris semble avoir scellé d’une amitié toute
récente, se sont d’ailleurs entretenus en amont du sommet international sans pour autant
parvenir à établir une ligne politique commune. Leurs discours en tant que nouveaux membres
de l’Assemblée étaient très attendus car fondateur de leur politique internationale, Macron et
Trump incarnant deux styles fondamentalement opposés. Sur la question du climat , c’est le
silence de Trump, dont les préoccupations se sont centrées autour de « Rocket Man » (tel fut le
surnom qu’il donna au dictateur nord coréen) et du dossier Iranien, qui inquiète l’Assemblée de
l’ONU. Quant à Emmanuel Macron, il tenta de convaincre estimant que « les plus fragiles sont
les premières victimes, mais nous sommes tous frappés par l’emballement du climat », et
soulignant que « détricoter l’accord serait détruire un pacte entre les Etats et les générations ».
Donald Trump affirme vouloir quitter l’accord de Paris d’ici 2020 (l’article 28 du traité
établissant un délai de 3 ans pour la sortie d’un pays signataire), sauf si celui-ci cessait d’être
une contrainte économique pour son pays. Une condition ajoutée depuis peu qui vient tempérer
son refus catégorique de ratifier cet accord et qui, on l’espère, aboutira à un dialogue.

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