Vincent Hulin : “La course de ma vie”

À l’époque antique, Vincent Hulin aurait été un hémérodrome, ce messager infatigable qui, tel Philippides, annonça la victoire grecque de Marathon après avoir exhalé dans son dernier souffle : “nous avons vaincu”. Aujourd’hui, le rédacteur en chef adjoint de France Bleu Poitou est devenu, comme son glorieux aïeul, un sportif hors du commun. D’octobre 2012 à septembre 2014, il enchaîne avec succès les quatre monuments de l’ultra-trail. En juin 2016, il décide de surpasser les bornes humaines du possible en achevant la Transpyrenea, une odyssée intense de 866 km s’étalant sur quinze jours, son dernier exploit en date. Et, au vu de ses aventures de plus en plus démentes, il ne serait point surprenant d’entendre parler élogieusement de ce poitevin extra-ordinaire dans les prochaines années. Retour express sur la carrière phénoménale de Vincent Hulin, “coureur du dimanche qui court tous les jours”.

Un véritable “coureur de l’extrême” : l’accomplissement du Grand Chelem de l’ultra-trail

Alors que le judo est son premier amour de jeunesse, il commence à arpenter les rues bitumées de sa ville provinciale en courant à 30 ans. Il boucle ainsi le marathon de Paris avec un temps honorable en 3 heures 43 minutes. Puis, un an plus tard, il s’essaye aux 100 kilomètres de Millau, et en sort totalement éreinté. Enfin, il pousse ses limites physiques dans ses retranchements en tentant le 24 heures de Saint-Maixent, qu’il achève avec 133 kilomètres à son compteur. Devenu addict à la course à pied dès ses premières foulées, son palmarès d’alors n’est qu’une fine mise en bouche de ses futurs succès flamboyants. En rejoignant un club sportif avec sa bande d’amis, l’idée de réaliser le carré d’as des courses de fond germe progressivement en lui. Il se constitue alors un menu de choix composé de l’ultra-trail du Mont Blanc (168 kilomètres), de la Diagonale des Fous (170 kilomètres), du marathon des Sables (250 kilomètres), et du Tor des Géants (330 kilomètres), dont il raconte les invraisemblables péripéties dans son premier ouvrage intitulé Coureur de l’extrême publié en 2014. Ce Grand Chelem monstrueux à peine achevé, Vincent Hulin se fixe déjà un défi d’une autre envergure. Le plus majestueux de tous..

La Transpyrenea : la consécration majuscule d’une carrière démesurée

866 kilomètres. 15 jours, 5 heures et 39 minutes. 46ème sur la ligne d’arrivée. Tels sont les chiffres ahurissants qui illustre la portée de l’exploit incommensurable accompli par Vincent Hulin pendant l’été 2016. Authentique joyau d’une carrière sportive, son odyssée herculéenne fait l’objet d’un documentaire dénommé La course de ma vie (2016). En dépit d’une préparation physique irréprochable, conjuguant méticuleusement entraînements intensifs, alimentation micronutritive, sommeils réparateurs et soins kinéthérapeutiques, les premiers jours de la course tournèrent au cauchemar. C’est donc à cet instant crucial que se creuse, béante, l’abysse qui engloutit les rêve dorés de celles et ceux dont l’exigence de la fierté failli devant les intenables souffrances de leur enveloppe charnelle. À la sortie de ces limbes terrestres, Vincent Hulin est un homme métamorphosé. Avalant les trop nombreux kilomètres qui le sépare triomphalement de l’apothéose. il vagabonde dès lors à ciel ouvert par monts et par vaux comme dans un songe féérique. Franchissant enfin la ligne d’arrivée, il retrouve avec joie le regard affectueux de ceux qui l’ont fait tenir jusqu’au bout dans sa folle entreprise. Consommé par la fatigue, Vincent Hulin tombe à genoux pour, dans un dernier effort, glisser lentement sur l’annulaire de sa femme l’anneau scellant leur union sentimentale. De loin, sa plus grande victoire.