Un Nouvel État en Europe ?

La Catalogne ! Quelle belle région du territoire espagnol où il fait bon vivre. Entre richesses multiples, tourisme, patrimoine historique et culturel, rien ne manque. Ou peut-être si ! L’indépendance.

Cette Communauté Autonome si paisible du Nord-Est de l’Espagne se bat depuis des années pour enfin pouvoir suivre sa propre voie, indépendamment de Madrid et de ses ordres. Un référendum est prévu le 1er Octobre. Enfin, plus illégal que permis puisque Mariano Rajoy, président du Gouvernement, use de ses forces dans le but de décrédibiliser cette consultation qui donne le choix au peuple et non aux hommes politiques qui dirigent le pays. N’est-ce pas le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ?

Comment ? Un référendum interdit ? La Constitution Espagnole s’attache à l’Unité Nationale et à un État indivisible, qui prévoit toutefois l’autonomie des Communautés Autonomes afin de leur accorder quelques libertés. Une consultation sur l’indépendance d’une région correspond donc à une division de l’Espagne. On en conclue rapidement que le référendum du 1-O est anticonstitutionnel. D’ailleurs, si la logique nous permet de le comprendre, le Tribunal Constitutionnel, que Mariano Rajoy a interpelé, l’affirme également en condamnant le référendum. La fureur règne à Barcelone !

Une telle condamnation n’est pas attendue d’un pays Européen, Contemporain au XXIème siècle, et encore moins d’un État qui se dit démocratique. Le référendum fait vivre le peuple, lui permet de participer au pouvoir, que s’accaparent certains.

Évidemment, rejeter un référendum c’est rejeter l’opinion d’un peuple, sa culture, son essence et sa nécessité d’être lui-même et non pas soumis à un pouvoir qui ne l’écoute pas et qui nie ses décisions. D’autant plus que la légitimité de cette consultation peut être affirmée. Artur Mas, ancien président de la Generalitat, avait lui aussi organisé en 2014 une consultation également coupable devant la Constitution, arme ultime qu’utilise le Gouvernement quand les actions de la Catalogne lui déplaisent. Ce scrutin a bel et bien soutenu que la majorité des catalans souhaitaient se détacher de l’Espagne et devenir un État propre. Les catalans sont prêts à vivre par eux-mêmes. Ces atouts sont nombreux pour permettre à la Catalogne d’être appelé « Nation ». Sa géographie stratégique, son attractivité naturelle permettrait à celle-ci de valoriser davantage son rayonnement à l’échelle internationale.

Encore, quoi de plus dégradant pour le Gouvernement Rajoy que de faire intervenir la Guardia Civil. Depuis quelques semaines, tout ce qui se rapporte au 1er Octobre est interdit. Où est la liberté de chacun, la liberté d’opinion et d’expression que l’on soutenait depuis la transition démocratique ? Mariano Rajoy empire son image chaque fois un peu plus avec des mesures fortement contestées. Il ne fait qu’entraîner une forte animosité au sein du peuple catalan depuis son premier mandat en 2011. La Guardia Civil ne fait qu’allumer un feu qui ne s’éteindra pas.

Pensez-vous que la Catalogne arrêtera de se battre ? Loin de là ! On nous apprend à vivre pour nos convictions, à toujours lutter pour les idéaux que nous défendons. Cela vaut également pour un peuple, une « nation » étouffée par l’« État ». Mais si la Catalogne n’obtient pas son indépendance aujourd’hui, il ne faut pas oublier qu’il existe un « demain ». Quoi qu’il arrive la Catalogne défendra jusqu’au bout son indépendance. L’Algérie est aujourd’hui indépendante, de nombreux territoires et anciennes colonies le sont aussi. Pourquoi pas la Catalogne ! Pourquoi pas donner l’opportunité à la Communauté catalane de respirer ! Si le référendum n’est pas considéré comme concret, si le vote ne sera pas pris en compte et n’aboutira à rien le 1er Octobre, la Catalogne aura perdu peut-être une bataille, mais pas la guerre. La preuve est là. Qu’importe l’avis de Madrid, les mairies ouvriront des bureaux de votes et les catalans ne seront en aucun cas réduits au silence.

 

Objectivity

According to Kelsen, any proper study has to follow a perfectly strict and precise objectivity. The neutral position adopted by the scientists allows them to be rigorous, as well as to find real answers without being driven by the heart’s desires nor the personal biases. It gives science a sort of status, of legitimacy not found in other domains such as literature or philosophy. In fact, Kelsen is not the only one to praise objectivity.
On the other hand there’s subjectivity, the demon that blurs reality and fools people. The same subjectivity that justifies fear and violence, love and revenge, as an always-changing danger, an unstable realm. Incertitude and chaos, subjectivity’s hearth.
The scientific method builds its pride in the apparent neutral analyze of facts. Facts, taken as they are, without any subjectivity in them, are seen as indisputable. There’s no danger, only stability once we drain all subjectivity.
However, this ideal is just absent from physical and social reality. Facts cannot be detached from the one sorting them, selecting them, observing them. Facts by themselves don’t have any meaning, just like a wave has no sound until someone hears it. And yet, we seem to forget our intrinsic participation in the construction of reality, while we delight ourselves in the most fictional of objectivities. We pretend not to have any biases while enhancing them by our negligence.
Objectivity is a fiction. A useful fiction.
We can follow the rules, accept the method and pretend it’s enough to transform fiction into reality. We can fool ourselves into thinking that our analysis is just and fair. But lies can only be effective for so long, and sooner or later someone will see the biases of our work. Our dear objectivity will crumble into pieces and our real subjectivity will shine through the same words we so carefully choose to hide it.
We can also acknowledge our own limits, our biases and limitations. We can tear apart our own work in order to understand it better. We can choose to be honest, to say clear and loud: here are our limits, beware while reading. This statement cannot undo our mistakes, but it can introduce a shadow of doubt, just a small amount of awareness useful to the truth. From then, we can only hope that the reader is critical enough to introduce a real dialectic into our biased monologue.
Yet, there’s a third path often neglected. While we try over and over to minimize subjectivity, we forget just how useful it can be. Subjectivity allows us to find patterns into the chaos, to create order from confusion and give meaning to our lives. Why do we try so hard to silence it? Why do we destroy our more useful tool? In other words, subjectivity allows us to go beyond reality’s frontiers. Planes, penicillin and steam machines, all useful inventions unthinkable without imagination. Law, society and politics, all collective mental creations. Our mind can see itself, and thus recreate the world.
Denying that profound part is not that different from reducing ourselves to automats. We already have machines to collect raw data. We have thermometers to tell us the temperature and pedometers to count our steps. But it’s our mind that decides whether it’s cold or hot, whether it’s enough exercise or not. In science there’s no conclusion without analysis, no experiment without observer and no answers without choices.
So maybe we should learn to embrace our minds, to acknowledge how subjectivity is essential to our lives.
Objectivity is a useful tool, and subjectivity too.
We don’t have to choose one or another. We can live with both.

Christian Dior, couturier du rêve

Je n’ai jamais vraiment été attiré par le monde de la haute couture. Peut-être parce que je n’avais pas spécialement envie de voir Kim Kardashian poser ses fesses sur un siège pour voir le défilé Chanel. Je n’ai pas non plus les moyens de me payer les produits issus de ce monde. J’ai donc toujours gardé mes distances avec la haute couture par manque de ressources financières mais aussi par simple manque d’intérêt. Je vous assure que je me porte bien.
Et pourtant, l’exposition Dior au musée des Arts Décoratifs m’évoquait quelque chose d’autre et je trouvais un certain attrait à aller voir de quoi il en retournait. J’y ai découvert une toute autre facette de la haute couture car on ne va pas là-bas pour voir un défilé, pour faire bonne figure devant les photographes de vogue. Non, on va voir cette exposition pour découvrir 70 ans de de créativité, d’audace, d’élégance.
C’est bien une maison d’exception que la maison Dior, un fier ambassadeur du « bon goût à la française ». Fondée en 1947 par Christian Dior, elle est une référence et un modèle depuis sa création. En effet, Dior c’est le « New look » appelé ainsi car la rédactrice en chef de Harper’s Bazaar avait dit au fondateur : « Dear Christian, your dresses have such a new look ». L’expression fît la renommée de la marque à ses débuts, quand Dior décida qu’après-guerre il fallait repenser l’apparence bien trop masculine des femmes. À travers des vêtements qui mettent en valeurs les courbes féminines, Dior révolutionne la mode post-guerre mondiale avec par exemple le tailleur Bar véritable emblème et pièce maitresse de la maison. Ce vêtement culte du monde de la mode tire son nom du bar du Plaza athénée et ancre Dior comme une icône de la mode. Véritable emblème de la nouvelle élégance des années 50 le tailleur bar a été réinterprété par nombre de créateurs et surtout par les successeurs de Dior après sa mort en 1957.
Malgré une courte période à la tête de la maison qu’il avait lui-même fondé, Dior a transmis un ADN dont se sont inspirés les créateurs qui ont pris sa suite. Toujours dans un style qui respectait l’identité de la marque ces derniers ont pris avec brio la relève du fondateur. Ils sont 7 à avoir suivi Christian Dior dans ses pas amenant chacun leur vision de ce que devait être le maison Dior. C’est ainsi que s’est créé cet imaginaire collectif qui entoure aujourd’hui ce fier représentant de la mode française. Qu’il s’agisse de l’extravagance de John Galliano qui dessinera une robe célébrissime pour la princesse Diana ou encore d’Yves Saint Laurent qui à 21 ans reprendra le flambeau de Christian Dior chacun des créateurs a su apposer son style pour rendre le nom Dior toujours plus incontournable.
C’est bien quelqu’un qui ne voyait aucun intérêt à la haute couture qui vous parle car cette exposition vous fera changer d’avis ou renforcera votre attrait pour la mode. N’hésitez pas, il s’agit bien là d’un évènement grandiose tant par le talent des créateurs de la marque que par sa conception sur 3000 mètres carrés. Une exposition qui célèbre les 70 ans d’une pierre angulaire de la culture française. Et qui s’achèvera le 7 janvier prochain.

-Antoine Lafarge